Jardinage urbain 201: au travail !

par Amie Watson

Est-ce que le cours de jardinage urbain 201 est trop avancé pour vous ? Dirigez-vous vers le cours d'introduction, Jardinage Urbain 101 : Comment planifier le jardin parfait par ici !

 

Maintenant que vous savez quoi planter et où le planter, il ne vous reste plus qu’à savoir comment vous y prendre!

Préparation du sol

À l’instar des repas les plus savoureux qui naissent des meilleurs ingrédients, les jardins les plus généreux naissent des sols de la plus grande qualité. Que votre jardin se trouve dans votre cour ou sur votre balcon, il doit présenter le bon équilibre de nutriments pour que vos plantes y poussent bien. Des tomates qui font pitié? Pas cette année!

« Il est important d’avoir un sol très riche, mais aussi léger et aéré, c’est pourquoi nous recommandons qu’il soit composé d’au moins 30 % de compost, de 30 % de mousse de tourbe ou de fibre de coco et le reste, de terre à jardin biologique, » affirme Tereska Gesing, copropriétaire de Semis urbains, une entreprise québécoise à guichet unique qui offre à sa clientèle des graines, des semis, de la terre, mais aussi des conseils pour repousser les insectes et animaux indésirables ainsi que des services d’installation complète de potagers, de consultation et d’entretien. À son mélange de terre, Tereska ajoute du fumier de poule ou de l’engrais biologique Acti-Sol. Si votre potager peine à retenir l’humidité, il vous faudra probablement ajouter de la mousse de tourbe, mais, comme l’explique Tereska « la tourbe est très acide, alors n’oubliez pas de mettre de la chaux chaque année pour équilibrer le ph du sol. La quantité recommandée est inscrite sur le sac de chaux, mais à titre indicatif, sachez que nous en utilisons 35 lb par verge cube ».

Lors de la plantation, elle met également des turricules dans son potager, puis elle ajoute de l’engrais à base de varech lors de la floraison. À la fin de l’année, elle nourrit le sol à l’aide d’une émulsion de poisson. « Il est primordial de redonner à la terre des nutriments à la fin de l’année ou au début de l’année suivante, » précise Tereska. D’ailleurs, au début de l’année, elle met une nouvelle couche de compost et de terre dans son potager.

Période idéale pour planter

Si vous optez pour des graines, sachez qu’elles doivent généralement passer de six à huit semaines à l’intérieur. Donc si vous n’avez pas encore semé vos graines de tomates ou de poivrons, il est peut-être préférable d’acheter des semis ou, du moins, d’opter pour des variétés de tomates cerises à croissance rapide, par exemple. Pour ce qui est des variétés à planter au début de juin (les radis, le chou frisé, les laitues et autres plantes qui poussent rapidement et résistent au froid) ou plus tard dans la saison, il est encore temps.

Risque de gel

Évitez de planter quoi que ce soit avant que la température dépasse les 2 ou 3 °C pendant la nuit. « Vous pouvez ensuite planter des laitues, des épinards, du chou frisé, de la bette à carde, des carottes, des radis, des poireaux, des pois et de la roquette, » précise Tereska Gesing. « Pour les plantes plus sensibles au froid, dont les tomates, les poivrons, les aubergines et les haricots, la température ne doit pas chuter sous les 10 °C pendant la nuit. » À cet effet, sachez qu’il est possible de planter ses végétaux plus tôt en ville qu’en région rurale en raison de la pollution et du béton qui créent des puits de chaleur. Et si vous habitez dans une région où il fait plus chaud, sans risque de gel (quelle chance!), libre à vous de planter vos végétaux quand bon vous semble. Pour obtenir davantage de renseignements au sujet des périodes de plantation, veuillez consulter l’almanach du cultivateur, une véritable bible de l’agriculture qui contient même des recettes! 

Acclimatation

Les semis que vous avez démarrés vous-mêmes doivent s’endurcir, c’est-à-dire que vous devez les aider à s’acclimater à des températures extérieures plus froides que leur milieu actuel en les sortant dehors pendant la journée et en les rentrant pour la nuit. Si vous achetez des plantes dans un marché extérieur, cette étape s’avère inutile, mais si vous conservez vos plants à l’intérieur pendant un moment avant de les planter dans votre jardin, elles pourraient avoir besoin d’une période d’acclimatation supplémentaire. Pour en savoir davantage au sujet de la transplantation et de la plantation de graines, consultez les sites The Spruce et Planet Natural (en anglais seulement).

Humidité du sol

La terre de votre jardin doit être humide sans être détrempée. Pour savoir si elle se situe dans la première ou la seconde catégorie, prenez une poignée de terre, si de l’eau en dégoutte, alors votre sol est trop mouillé. Si seulement quelques gouttes s’en échappent, alors votre sol est parfaitement humide. Si votre jardin est surélevé, il se drainera rapidement, donc vous n’aurez pas à attendre trop longtemps après la pluie avant de pouvoir planter vos végétaux. De plus, avec ce type de jardin, vous pouvez procéder à la plantation plus tôt dans la saison étant donné que la terre du jardin surélevé se réchauffe plus rapidement que le jardin traditionnel.

Semence

Plantez vos graines à une profondeur qui correspond à trois fois la taille des graines. « l’une des erreurs les plus courantes est de planter ses graines trop profondément, » affirme Tereska Gesing. « Les graines de laitue sont minuscules, donc il suffit d’en saupoudrer à la surface de la terre, puis de recouvrir les graines d’une fine couche de terre. Pour ce qui est des graines de haricots ou de pois, vous pouvez les enfoncer d’environ 1,25 cm dans le sol. » Les graines devraient germer en 7 à 10 jours. « Si vous démarrez la germination à l’intérieur, recouvrez les graines d’une pellicule plastique, d’un cadre de fenêtre ou d’un verre pour créer un effet de serre. Laissez les graines dans ce milieu jusqu’à ce qu’elles germent, » précise Tereska.

Planting & covering the seedsSemez les graines, puis recouvrez-les doucement

Transplantation

Creusez un trou suffisamment profond pour accueillir l’ensemble des racines de vos plants. Versez ensuite du fumier de poule ou tout autre engrais biologique dans le trou avant d’y mettre le plant. Les plantes les plus assoiffées de nutriments, les tomates notamment, sont capables de prendre une bonne dose d’engrais. Si vous craignez d’abîmer les plantes délicates comme la laitue, ne vous inquiétez plus. Une trop grande quantité d’engrais ne peut pas les ruiner, simplement, « c’est jeter de l’argent par les fenêtres, » indique Tereska Gesing. Cliquez ici pour visionner une vidéo qui vous guidera à chacune des étapes de la transplantation

Lors de la transplantation, veillez à remuer le moins possible les racines. « Sortez doucement le plant de son pot en le saisissant par la pelote racinaire, la masse de terre qui contient les racines du plant lorsque vous l’extrayez du pot, » explique Tereska. Elle ajoute : « Si vous écrasez la tige, c’en est fait de votre plante. Et ne secouez surtout pas le plant pour le débarrasser de sa terre. » Une fois le plant dans le trou, remplissez ce dernier de terre sans trop la tasser. Finalement, arrosez vos plants à la base en évitant les feuilles. 

De l’espace pour grandir

Les plantes, tout comme nous, ont besoin de leur espace vital, donc suivez les directives apparaissant au verso du paquet de graines en ce qui a trait à l’espace requis entre les graines et entre les rangs. « Il sera indiqué d’éclaircir les rangs de manière à avoir environ 15 cm entre chaque plant. Sachez qu’il est important de respecter cette valeur, » indique Gesing. « Les graines de laitue sont vraiment petites et il est pratiquement impossible d’en planter une tous les 15 cm. Donc si votre laitue est abondante à un endroit en particulier, vous devez retirer les plants les plus faibles et conserver les plus forts. Vous pouvez transplanter ceux que vous avez retirés, mais si vous aviez prévu 10 à 12 plants de laitue et que 4 plants se trouvent à chaque emplacement, alors vous avez beaucoup trop de laitue! Je vous conseille d’en récolter pour vous faire des salades. »

Mauvaises herbes, guêpes parasites et… lance-flammes

« Pour désherber, notre outil par excellence est le lance-flammes, » explique Tereska. Si vous n’en possédez pas, ce qui est fort probable, avouons-le, il n’y a pas meilleure défense que l’attaque! « Ouvrez les portes de votre jardin aux insectes bénéfiques et créez un écosystème autosuffisant en plantant des annuelles, des fleurs et des herbes, » ajoute-t-elle. « Il existe des guêpes parasites de la taille d’une graine de pavot qui s’attaquent aux chenilles qui menacent vos plantes. » Parmi les autres types d’insectes bénéfiques figurent notamment la mante, les nématodes qui s’attaquent aux larves et les chrysopes qui chassent les pucerons.

Revenons aux mauvaises herbes. Lorsqu’elles apparaissent, un peu d’huile de coude est nécessaire. Pour vous aider, voici une vidéo qui vous donnera quelques astuces pour un désherbage efficace. Tereska recommande de désherber tôt et fréquemment. « Il est bien plus facile de retirer les jeunes mauvaises herbes qu’une véritable forêt amazonienne. Retirer les branches cassées et les feuilles qui ne sont pas saines. Surveillez de près la présence de limaces et de coléoptères. Mais surtout, sachez que la meilleure protection que vous pouvez offrir à votre jardin est du temps : le matin ou le soir, passez 15 minutes dans votre jardin à l’examiner, à le regarder, à l’observer et à apprendre à quoi ressemble une plante en pleine santé. »

GardenUn jardin prêt à faire la fête !

Taille des plants et gestion des gourmands

Par « gourmands », je ne parle pas des gens qui mangent tellement de tomates qu’ils en achètent au lieu d’en cultiver! Je parle plutôt des petits semblants de tiges qui poussent sur les plants de basilic ou de tomates entre la base des branches existantes et la tige principale. « Il est vraiment important de pincer les gourmands, sans quoi ils deviendront de véritables tiges. Ici, nous faisons grimper nos plants de tomates contre un treillis, à raison de 2 ou 3 tiges par pan de treillis. Nous retirons les autres, car sinon, nous risquons de nous retrouver avec une tonne de tiges qui produiront des caisses de tomates vertes à la fin de la saison, étant donné que notre belle saison est relativement courte. » Si vous habitez dans une région où la saison des tomates est plus longue, vous pouvez laisser vos gourmands pousser à leur guise! Voici d’ailleurs une capsule sur la façon de tailler les gourmands de vos plants de tomates

Insecticides naturels

L’un des insecticides naturels les plus populaires est composé d’un mélange d’ail écrasé, de sauce piquante, de savon et d’huile. « Laissez reposer votre mixture au réfrigérateur pendant 24 heures, filtrez-la, puis diluez-la en y ajoutant de l’eau, » propose Tereska. « Par contre, je ne vous recommande pas d’employer de l’insecticide, naturel et biologique ou non. Le problème, c’est que dès que vous rompez l’équilibre de votre jardin, par exemple en exterminant tous les pucerons, vous le rendez vulnérable. » Par contre, si votre jardin a tout ce dont il a besoin, ajoute Tereska Gesling, soit au moins six heures d’ensoleillement par jour, suffisamment de nutriments, des engrais naturels et biologiques ainsi que de la terre bien aérée, vos plantes seront naturellement résistantes aux indésirables. 

Pour toute question, communiquez avec Tereska Gesing de Semis urbains à partir de la page « Contact » de leur site Internet.

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Jardinage urbain 101 Recettes pour enfants Kimchi
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Amie Watson

Amie est une agile bloggeuse doublée d’une fine bouche. Elle adore écrire des recettes et des critiques de restaurants pour son blogue, Multiculturiosity et être animatrice sur MAtv. Elle travaille aussi avec enRoute, Ricardo, Menu International et Fine Dining Lovers. Elle adore tout ce qui est local, bio, sans gluten, cru, sans lactose et délicieux (Céléri-rave? Peut-être pas).

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