Comment choisir le meilleur chocolat

par Amie Watson

Le prix est-il un gage de qualité?

Il existe un monde de différence entre le chocolat commercial issu de la production de masse et le chocolat de qualité supérieure. Des agents de conservations aux sucres ajoutés qu’ils contiennent en passant par les émulsifiants, les colorants et les huiles hydrogénées à place du beurre de cacao pur, il n’est plus une mince tâche d’acheter une tablette de chocolat.

Allez-y, interrogez Google au sujet des ingrédients contenus dans votre barre de chocolat préférée. Vous pourriez être surpris de tout ce qu’elle contient qui n’a rien à voir avec le chocolat! D’ailleurs, d’un point de vue légal, certaines friandises n’ont tout simplement pas le droit de porter le nom « chocolat », car elles ne contiennent ni pâte ni beurre de cacao.

Vaut-il vraiment la peine de dépenser plus pour du chocolat de qualité supérieure si tout ce que vous recherchez, c’est cette poussée d’endorphines et le sentiment de vous gâter un peu? Voici  ce que vous devez savoir avant de tendre la main vers une tablette à bas prix.

L’art du chocolat

Les grands fabricants de chocolat achètent des fèves de cacao auprès d’exportateurs, procèdent à leur mouture, puis ajoutent des huiles, du sucre bon marché ainsi que des agents de conservation pour en faire, en réalité, du chocolat dilué. Cette pratique fait baisser les coûts, et ce, tant pour le fabricant que pour le consommateur. De plus, si les fèves achetées ne sont pas de la plus grande qualité dès le départ, par exemple si elles ne sont pas biologiques ou que leur fermentation est inadéquate, pas de problème! Tout simplement parce que le lait en poudre, les émulsifiants, les additifs et le sucre contribuent à masquer les imperfections d’un chocolat médiocre.

À l’opposé se trouvent les chocolatiers artisanaux qui, eux, se procurent du chocolat non dilué de qualité supérieure qu’ils tempèrent, sucrent et aromatisent eux-mêmes avec soins. Pour l’artisan qui travaille le produit de la fève à la barre, il s’agit d’un véritable travail de moine. Il trie les fèves, les torréfie, les concasse, les vanne et les moud avant même de songer au tempérage.Le coût de la matière première est plus élevé, tout comme celui du travail qui est effectué, mais lorsque vous goûtez un tel chocolat, c’est vraiment lui, le chocolat, que vous goûtez, et non quelque agent de remplissage.

Le goût

Le chocolat doit goûter la pâte de cacao, qui est constituée de cacao sec et de beurre de cacao, cette matière grasse crémeuse qui donne sa texture parfaite au chocolat. Le substitut bon marché au beurre de cacao est l’huile végétale, qu’il s’agisse d’huile de palme ou autres huiles hydrogénées. Cette huile est mélangée à des émulsifiants, vous savez, cette sensation cireuse en bouche d’un chocolat qui ne fond jamais, même après de nombreux mois passés sur les tablettes d’un dépanneur. (D’ailleurs, vous aussi vous fondriez si vous passiez tout le mois de juillet dans un dépanneur de Montréal!)

Des endorphines à l’état pur

Il apparaît évident que les bienfaits d’une friandise chocolatée sur la santé sont bien moins nombreux que ceux d’une barre de chocolat véritable. À cet effet, selon le site authoritynutrition.com, une tablette de 100 g de chocolat dont la teneur en cacao se situe entre 70 et 85 % contient 67 % de l’apport quotidien en fer, 58 % de l’apport quotidien en magnésium, 89 % de l’apport quotidien en cuivre et un impressionnant 98 % de l’apport quotidien en manganèse.

Une telle barre de chocolat contient également du potassium, du phosphore, du zinc et du sélénium, regorge de bons gras et d’antioxydants en plus d’abaisser votre pression artérielle tout en favorisant une bonne circulation sanguine. Elle peut également contribuer augmenter le bon cholestérol et à abaisser le mauvais, de même que protéger la peau contre les effets néfastes du soleil.

Cependant, plus le chocolat est dilué avec du sucre, des produits laitiers, des huiles, des émulsifiants et des agents de conservation, moins les bienfaits sont considérables pour votre santé.

À considérer

Les agents de conservation, les colorants et les saveurs artificielles

Une barre de chocolat sans agent de conservation ne l’empêche pas de contenir quelques invités indésirables parmi la liste de ses ingrédients, notamment du TBHQ (tert-butyl hydroquinone), un additif synthétique employé pour retarder l’oxydation qui pourrait s’avérer dangereux à forte dose.

De plus, si certains grands fabricants de chocolat ont cessé d’ajouter des saveurs artificielles à leurs barres de chocolat aussi récemment qu’en 2015, ils ont cependant encore recours à d’autres agents de conservations ainsi qu’à du sirop de glucose à haute teneur en fructose, à de l’huile de palmiste hydrogénée ainsi qu’à des monoglycérides en guide d’émulsifiant.

Même que certaines tablettes supposément plus haut de gamme contiennent du malt d’orge, des saveurs artificielles (de la vanilline au lieu de la véritable vanille) et des huiles végétales. Maintenant que les consommateurs exigent des produits plus purs, les grands fabricants offrent également du chocolat moins artificiel, mais plus cher. Pour vous y retrouver, il s’agit de lire attentivement la liste d’ingrédients et d’opter pour une entreprise que vous vous sentez à l’aise d’appuyer.

Le sucre

Mis à part les éclats de cacao cru, la majorité du chocolat sur le marché contient du sucre. Par contre, il y a une grande différence entre la panela, un sucre de canne non raffiné fait à partir du jus déshydraté de la canne à sucre, et le sirop de maïs, l’agent sucrant le plus populaire, ou l’un des plus populaires, contenu dans une multitude de barres de chocolat. Parmi les autres choix avisés, on compte notamment le sucre de canne biologique ainsi que les sucres demerara, muscovado et turbinado qui sont des sucres raffinés faits à partir de jus de canne à sucre chauffé, clarifié, puis déshydraté.

Apprenez-en plus sur les sucres raffinésSucres raffinés

Si ces derniers ont tous la même incidence sur votre glycémie parce qu’ils sont constitués de sucrose, un mélange de glucose et de fructose, le sirop de maïs, quant à lui, n’est que fructose. Or, le fructose peut faire grimper votre mauvais cholestérol (LDL). Ne vous faites pas avoir en achetant une barre de chocolat dont le chocolat en soi est sucré au sucre de canne, mais qui contient également des produits laitiers, de fruits séchés, du caramel ou autres garnitures sucrées au sirop de maïs! Recherchez plutôt des produits faits à base d’ingrédients biologiques et de pâte de cacao, mais qui ne contiennent pas d’additifs dissimulés dans la liste d’ingrédients.

Le vrai de vrai

Chocolat blanc, chocolat noir

Techniquement, le chocolat blanc n’est pas vraiment du chocolat! Il contient du beurre de cacao, du sucre et de la matière sèche du lait. Toutefois, sans la pâte de cacao propre au chocolat noir, il ne s’agit pas de chocolat à proprement parler. Le chocolat pur est naturellement dépourvu de produits laitiers, il est donc végétalien, contrairement au chocolat au lait qui contient de la matière sèche du lait, du lactose, du petit-lait ou d’autres produits laitiers qui rendent le chocolat plus crémeux.

Chocolat et friandise chocolatée

Lorsqu’une barre est faite de cacao, d’huile de palmiste hydrogénée et d’huile de soya plutôt que de beurre et de pâte de cacao, le fabricant est légalement tenu de la qualifier de friandise chocolatée et non de barre de chocolat. La gâterie qui vous fait de l'oeil pendant que vous attendez à la caisse? C'est probablement une friandise!

Mais…

… il existe d’autres raisons pour lesquelles une barre ne peut être qualifiée de chocolat, qui n’ont rien à voir avec la qualité du chocolat qu’elle contient. Par exemple, les écorces chocolatées No Mylk'n de PRANA contiennent du sirop de riz déshydraté, un édulcorant à faible teneur en fructose, afin de répliquer la texture onctueuse du chocolat au lait sans utiliser de produits laitiers. Malheureusement, l'ajout de cet ingrédient empêche d'utiliser l'appellation de chocolat. Pourtant, le chocolat contenu dans ces écorces est fait à base de pâte de cacao de grande qualité, qui n’est pas dilué avec de la poudre de cacao ni avec des huiles hydrogénées. De plus, il est végétalien, sans OGM et équitable. 

Difficile de digérer tout cela ?

Ne vous en faites pas! Manger du chocolat devrait rester un petit plaisir. Simplement, la prochaine fois que vous en achèterez, n’oubliez pas de lire la liste d’ingrédients. Vous n’arrivez pas à prononcer le nom de certains d’entre eux? Alors, il est peut-être préférable d’y penser à deux fois avant d’en manger.

Il est vrai que le chocolat de grande qualité coûte plus cher que celui de mauvaise qualité, mais voyez cela comme un investissement dans votre santé. Et avec toutes ces endorphines en circulation dans votre organisme, on peut également dire qu’il s’agit d’un investissement dans votre bonheur !

Amie Watson
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Amie Watson

Amie est une agile bloggeuse doublée d’une fine bouche. Elle adore écrire des recettes et des critiques de restaurants pour son blogue, Multiculturiosity et être animatrice sur MAtv. Elle travaille aussi avec enRoute, Ricardo, Menu International et Fine Dining Lovers. Elle adore tout ce qui est local, bio, sans gluten, cru, sans lactose et délicieux (Céléri-rave? Peut-être pas).

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