S’accorder du temps avec Marie Richer

par Celeste Nelson

Marie Richer, cofondatrice de PRANA, nous parle de son récent voyage avec des amis sur les routes de la Nouvelle-Écosse et comment cette aventure l’a inspirée à se réserver plus de temps pour elle-même. Quand j’ai rencontré Marie, en entrevue au siège social de Ville Saint-Laurent, elle a dit trouver mes questions difficiles.  

À quoi penses-tu quand tu entends les expressions « du temps pour soi » ou « amour de soi »?

Marie Richer

Après cette question, une longue pause. Elle admet que même durant son « temps pour soi », elle pense aux autres. 

 « Je suis dure envers moi-même, parce que je veux tout faire et que c’est dans le partage que j’exprime mon amour. Il y a aussi cette grande profondeur ou responsabilité qui structure mon état d’esprit. Je m’identifie aux affaires du quotidien, mais à long terme c’est totalement insoutenable. » 

Elle m’explique qu’en prenant la route de la Nouvelle-Écosse, l’été dernier, elle s’est aperçue que c’était la première fois en trois ans qu’elle dormait loin de ses trois fils. 

Les amis sont une partie importante de ta vie?

« Nourrir les amitiés est une façon de me rapprocher de moi-même. Parce qu’avec mes amis, je ne suis pas Prana, je ne joue pas de rôle. Je suis moi-même, avec mes défauts. Mes amis peuvent rire de moi, me montrer mes défauts, m’en faire rire et m’aider à devenir une meilleure version de moi-même. »

Elle parle également de certaines cultures, comme celle de son partenaire qui entretient de puissants liens avec la famille élargie. Chez elle, Marie s’épanouit dans cette ambiance quasi tribale, où les amis entrent à toute heure, viennent partager de bons moments, un repas et passer la nuit.

Est-ce que c’était facile de laisser la famille et le travail pour aller explorer la Nouvelle-Écosse?

Pour Marie, c’est la peur d’y aller qui l’a convaincue que c’était la chose à faire.

« Faire mes bagages, mettre mon partenaire, mon équipe et mon commerce en veilleuse, laisser mes enfants chez des amis et partir pour trois semaines, c’était une décision difficile à prendre. Mais en me permettant de le faire, j’ai compris que je pouvais le faire, et je me suis sentie tellement plus productive à mon retour. »

 

Comment ce voyage t’a-t-il transformée?

Marie explique ce voyage était bien plus qu’une exploration des côtes de la Nouvelle-Écosse, de la nature spectaculaire et des barbecues entre amis sur la plage. En son fort intérieur, elle s’est sentie reprendre conscience que sa vie en général était bien plus que la perfection qu’on peut atteindre n’importe quand. 

Ce voyage a semé en elle le germe de l’autodiscipline qui l’a inspirée à s’accorder davantage de temps à elle-même. Des gestes simples, comme méditer pour cultiver la gratitude et faire des exercices de respiration matin et soir, profiter de l’heure du midi pour aller faire du jogging et consciemment se réserver du temps pour raviver son amour du yoga. 

As-tu d’autres projets qui nourrissent ta créativité?marie richer

« J’ai une réelle passion pour l’alimentation saine, c’est évident, et j’aime mettre de la créativité dans les repas de mes enfants.  La poterie a déjà été un vecteur de créativité. En ce moment, je m’investis dans une initiative sociale au Costa Rica, où, avec mon partenaire, nous créons un modèle d’affaire pour une chocolaterie « bean-to-bar » afin de donner aux communautés locales les techniques et les moyens de produire le chocolat à partir des fèves, plutôt que d’envoyer simplement les matières premières pour la production en Suisse, par exemple. »

À quel moment aider les autres devient-il synonyme de se négliger?

« Quand je deviens contreproductive, c’est un bon signal d’alarme, comme quand j’essaie d’aider et que j’empire les choses. Je sais que j’ai besoin d’une pause quand je sens monter en moi l’intolérance, la fatigue générale, le manque de résistance à tout ou que j’ai des poussées d’eczéma. Le stress est une bête très sournoise : je ne me sens pas stressée, je me sens complètement normale, mais mon corps le subit et trouve le moyen de me le faire savoir. » 

Quels rituels pratiques-tu pour t’accorder du temps de qualité?

« Je suis fière de moi quand je peux sortir du lit une demi-heure avant tout le monde et que tout est calme. C’est là que je prends le temps de faire mon yoga matinal. J’ai rarement l’occasion de cuisiner toute seule, mais c’est tellement libérateur! Je trouve aussi la sérénité en marchant comme une inconnue dans les rues de la ville. Je suis seule, je suis présente et le simple fait de respirer me fait du bien. »

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Qui t’a le plus inspirée à t’accorder la priorité?

Elle rit avant de répondre.

« Mon partenaire, bien sûr! Il sait vraiment comment s’administrer de l’amour et en prendre quand il en a besoin. J’admire sa capacité à tout laisser en plan et à faire ce qu’il faut pour retrouver l’équilibre. Et il revient rafraichi et disponible à tous ceux qui l’entourent. Il réussit à transmettre cet équilibre au sein de l’équipe, surtout quand on se partage les tâches et qu’on travaille à un objectif commun, comme celui d’élever nos enfants.

À parler avec Marie, j’ai l’impression de comprendre comment ce serait de travailler dans son équipe. Elle est directe et sincère, sa détermination imprègne toutes les sphères de sa vie et déteint sur la vie de tous ceux qu’elle côtoie.  

En général, Marie admet ouvertement qu’en cliquant sur redémarrer, ce qu’on fait c’est se pratiquer à prendre le temps d’observer ses combats intérieurs. Voici la citation de Marie qui m’inspire le plus : 

« Le bonheur qu’on ressent en aidant les autres est un bonheur qui ne dure pas. J’ai besoin de créer ce bonheur à partir d’un endroit plus profond en moi, d’une source qui n’est pas liée aux circonstances.”

 

Celeste Nelson
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Celeste Nelson

Avec un grand amour pour l’océan, les forêts et les montagnes, Céleste vise à créer cet équilibre entre le travail et le loisir. Moonlight Writing est son agence de communication écrite. Ses bureaux existent là où le vent l’emporte. Céleste aime travailler avec les jeunes, suivre l’évolution de nouveaux modèles éducatifs et écrire pour amorcer des discussions autour d’une vie plus harmonieuse. Elle cherche toujours à renforcer cette relation entre corps et esprit.

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